Resumo

Retour sur la collaboration scientifique IRD - Tunisie pendant le confinement. Mohamed-Ali Marouani, représentant, nous présente les activités de l'institut au cours de cette période particulière. 

 

Pouvez-vous vous présenter? 

 

Je suis représentant de l’IRD en Tunisie. Je suis économiste, spécialisé en analyse d’impact des politiques publiques. Avant la crise COVID-19 et depuis mon affectation en Tunisie, je travaille en étroite collaboration avec l’Université des Nations unies, UNU-WIDER sur les transformations structurelles et les inégalités à partir d’une analyse fine des qualifications des salariés sur les 20 dernières années en Tunisie.

 

En quoi votre action répond-elle aux défis et enjeux actuels (hors COVID) ?

 

L’objectif de l’Institut en Tunisie est d’accompagner par la recherche les mutations de la société. Nos activités, couvrent étroitement les domaines liés aux Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations-Unies. Ce sont les écosystèmes et la gestion des ressources ; la nutrition et la santé ; la gouvernance et les dynamiques socio-économiques et enfin le développement d’énergies propres. Dans mon domaine de recherche par exemple, l’une des priorités depuis la révolution est axée sur les transformations économiques et sociales dans l’optique d’améliorer le niveau de vie des citoyens et favoriser la création d’emplois, notamment pour les jeunes.

 

Dans le contexte épidémique mondial actuel, comment poursuivez-vous vos activités ?

 

Grâce aux travaux menés dans le cadre de l’étude UN-WIDER, l’Institut, avec ses partenaires, a rapidement été en mesure de lancer des projets sur les problématiques d’emplois et d’inégalités dans le contexte COVID en Tunisie et dans les PED. Le projet phare sur lequel nous travaillons actuellement, en collaboration avec des chercheurs de l’ESSEC, financé par l’ANRS, porte sur la vulnérabilité des firmes dans les PED, au choc du COVID-19. Son but est d’offrir des outils d’aide à la décision afin de cibler les aides aux entreprises les plus affectées ainsi qu’à celles qui auront le plus d’effets d’entrainement sur l’économie.

 

Quelles ont été les principales activités de la représentation et des chercheurs ces dernières semaines ?

 

Les formes traditionnelles d’échanges scientifiques ont été profondément affectées, toutefois les agents se sont adaptés très rapidement et ont poursuivi leurs activités de recherche et d’encadrement des travaux des étudiants à distance. Par ailleurs, l’autonomie des systèmes de mesures physiques nous a permis de continuer à collecter, des données concernant les sites du Lebna (Cap bon) et dans le Kairouanais. Dans l’objectif de sauvegarde du patrimoine scientifique, une attention particulière a été accordée à l’observatoire OMERE dans le Lebna et dans l’Hérault pour sauver 25 ans d’observations et un matériel d’une grande valeur. Les enquêtes de terrain ont été proscrites mais les techniciens et les agriculteurs de la zone se fréquentent depuis tellement longtemps qu’ils ont continué à dialoguer, au téléphone, et réaliser les enquêtes à distance, pour la première fois !

La représentation a organisé en ligne le premier workshop de restitution de l’étude « Transformations structurelles et inégalités » avec l’UN-WIDER. Nous avons également mis à disposition des chercheurs et décideurs une sélection de sites d’informations, de papiers de recherche, d’appels à projets, blogs, webinaires, réponses politiques, de bases de données, cartes et d'enquêtes sur l’impact socio-économique du COVID-19.

Enfin, pour une trentaine de ses partenaires, une formation virtuelle à l’environnement R (logiciel libre destiné aux statistiques et à la science des données) pour non-programmeurs a été organisée du 27 avril au 1er mai. L’Institut a mis à disposition du grand public un grand nombre de ressources numériques dont plus de 200 EBOOKS en accès libre le temps du confinement.

 

Est-il toujours possible de contacter l’IRD en Tunisie pour avoir des informations sur l’institut et ses activités ?

 

Le site web de la représentation est accessible et actualisé et vous pouvez y trouver les moyens de rentrer en contact avec nous, l’actualité scientifique continue malgré les conditions difficiles rencontrées et l’IRD, en Tunisie comme ailleurs, prépare déjà la sortie de crise de manière proactive.