Valérie Verdier, PDG de l’IRD, vient de nommer neuf conseillers scientifiques. Ils porteront auprès de la gouvernance de l’Institut neuf grands défis pluridisciplinaires, qui sont au cœur des enjeux stratégiques de l’IRD comme des processus décisionnels mondiaux.

  • Geo-ressources et durabilité, Laurence Maurice
  • Villes durables, Stéphanie Dos Santos
  • Littoral et mer, Marine Herrmann
  • Une seule santé, Benjamin Roche
  • Biodiversité, Sébastien Barot
  • Sols et terres, Alain Brauman
  • Systèmes alimentaires, Yves Martin-Prével (par intérim)
  • Changement climatique, Benjamin Sultan
  • Migrations, Flore Gubert

Porte-paroles des communautés scientifiques associées à ces thématiques, ces conseillers auront pour mission de structurer les activités de l'IRD en la matière et d’en renforcer la visibilité dans l'agenda des Objectifs de développement durable.  

Laurence Maurice, conseillère « Géo-ressources et durabilité »

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« Je veux défendre une approche interdisciplinaire et collaborative de la recherche dans le domaine des Géoressources, co-construire des ponts entre tous les acteurs menant à des actions durables, éthiques et responsables. »

Directrice de Recherche à l’IRD, Laurence Maurice est hydrogéochimiste, au laboratoire Géosciences Environnement Toulouse, spécialiste des contaminants métalliques, des impacts environnementaux et expositions humaines liés en particulier aux activités extractives (minières et pétrolières) et plus récemment agricoles. Elle travaille en interdisciplinarité sur l'analyse des vulnérabilités environnementales et sociales sur des territoires impactés et produit de nouveaux éléments de réponse aux populations locales mais également aux acteurs publics en charge de la gestion et de la prévention des risques. Elle a été animatrice de l’équipe "Interactions contaminants/Écosystèmes - Interfaces Santé-Société" du GET (2010-2014) et co-animatrice de l’axe transverse de l’OMP « Environnement, Santé et Sociétés » (2007-2014). Elle est professeure associée dans 3 universités au Sud. Membre élue de la CSS1 (IRD) de 2012 à 2016, elle est actuellement à la Commission d’Évaluation du CNU (U. Toulouse III) et représente l’IRD dans le groupe thématique "Eaux continentales " de l’ALLENVI (depuis 2012). Affectée en Équateur de 2014 à 2019, elle a été également en poste au Brésil et en Bolivie.

Stéphanie Dos Santos, conseillère « Villes durables »

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 « Je suis honorée de représenter la communauté de savoirs de l’IRD autour des défis des villes durables, dans une posture interdisciplinaire, soucieuse de dialogues science-société ».

Socio-démographe à l’Institut de Recherche pour le Développement, au sein du Laboratoire Population Environnement Développement (LPED) depuis 2007, Stéphanie Dos Santos est actuellement affectée à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Elle mène des recherches sur les conditions environnementales de vie des populations des villes ouest-africaines et, notamment ces derniers temps, sur les vulnérabilités face aux événements climatiques extrêmes. Elle interroge également la fabrique des chiffres, et particulièrement les mesures d’un développement soutenable.

Marine Herrmann, conseillère « Littoral et mer »

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« L’étude de l’océan, comme système complexe, est un enjeu majeur de la science de la durabilité, qui fait intervenir de multiples disciplines, outils et partenariats à l’IRD. En fédérant et valorisant ces savoirs, notre institut a un rôle clef à jouer dans ce domaine. »

Marine Herrmann est océanographe, directrice de recherche au LEGOS. Elle étudie le rôle de la dynamique océanique dans les systèmes climatiques régionaux. Elle développe pour cela une méthodologie centrée sur la modélisation, utilisée en complémentarité avec les observations spatiales et de terrain. Il s’agit ainsi d’étudier les processus qui pilotent la dynamique océanique ainsi que ses interactions avec les différents compartiments du système climatique (continent, atmosphère, écosystèmes, sociétés …). Elle co-dirige depuis 2018 le LMI LOTUS, centre d’étude du cycle de l’eau et de la matière associée en Asie du Sud-Est basé à Hanoi, qu’elle a monté avec l’USTH lors de son séjour au Vietnam de 2015 à 2019.

Benjamin Roche, conseiller « Une seule santé »

Benjamin Roche

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« Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, mon rôle sera d’aider l’IRD et ses partenaires à pleinement s'engager dans une démarche « Une seule santé » afin de concevoir et d’implémenter des stratégies de prévention d’émergence de ces zoonoses complètement intégrées dans la science de la durabilité. »

Benjamin Roche est directeur de recherche au sein de l’unité MIVEGEC. Eco-épidémiologiste, spécialiste en modélisation des maladies infectieuses en particulier sur l’interaction entre biodiversité et exposition des populations humaines, il a une formation en biomathématiques, écologie évolutive et santé publique. Il est impliqué dans des projets scientifiques internationaux dans plus de 10 pays, et co-dirige en particulier le laboratoire mixte international ELDORADO au Mexique qui se focalise sur les interactions entre stratégie de conservation de la biodiversité et circulation des zoonoses virales. Seul chercheur français ayant participé au rapport de l’IPBES sur biodiversité et pandémies, il pilote pour l’IRD la coordination scientifique de l’initiative PREZODE qui vise à prévenir les risques d'émergences zoonotiques et de pandémies.

Sébastien Barot, conseiller « Biodiversité »

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« En matière de biodiversité, il est indispensable que l’IRD concilie les connaissances fondamentales à l'ingénierie écologique, l'agroécologie et l’écologie urbaine. C’est ce que je veux m’attacher à défendre, dans l’esprit de la science de la durabilité. »

Spécialiste de l’Ecologie des sols et des écosystèmes, Sébastien Barot est Ingénieur Forestier (FIF-ENGREF). Il a effectué sa thèse sur la démographie du palmier Rônier à la station de Lamto en Côte d'Ivoire. Il a ensuite effectué un post-doc à l'IIASA en Autriche sur l'impact évolutif de la pêche sur la reproduction de la morue. Depuis 2002 il travaille à l'IRD dans le domaine de l'écologie des sols, des interactions souterrain-aérien et du recyclage des nutriments. Il a ainsi beaucoup travaillé sur les effets des vers de terre sur la croissance des plantes. Il a été président de la Société Française d’Ecologie et d’Evolution et est actuellement vice-président du Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité. Dans ses recherches, il allie travaux de terrain, expérimentation et modélisation mathématique combinant approches purement écologiques et évolutives. Ses travaux de terrain sont essentiellement menés en Afrique de l’Ouest et en particulier en Côte d’Ivoire où il co-anime, en partenariat avec l’Université Nangui Abrogoua, le laboratoire mixte international EDD BIODIV.

Alain Brauman, conseiller « Sols et Terre »

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 « Le sol est en soi un enjeu interdisciplinaire, à travers ses multiples dimensions physiques, biologiques et sociales. Cependant, il ne doit pas être un lieu de juxtaposition mais d’hybridation des savoirs : c’est dans cette vision collective et de croisements disciplinaires que je compte inscrire mon action. »

Alain Brauman est directeur de recherche à l’UMR ECO&SOLS, microbiologiste de formation, il est un spécialiste reconnu de l’impact des pratiques agricoles sur la qualité biologique du sol. Il a acquis, au travers de son expérience au Sud, notamment en Afrique et en Asie, une forte expérience du partenariat et de ses outils, via la co-direction de projets internationaux, de laboratoires, de LMI (LUSES) et de JEAI (ECORUBBER). Sa participation à diverses instances d’évaluations (CSS et CS) en font un bon connaisseur de l’institut. L’impact sociétal de ses recherches est un point majeur de son activité actuelle via un fort investissement dans l’enseignement (Prof. associé à Montpellier SupAgro et dans deux universités Thaïlandaises), la communication (4 films scientifiques), et la valorisation (développement de kit de mesure de la santé des sols).

Yves Martin-Prével, conseiller « Systèmes alimentaires » (par intérim)

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" Le rapport mondial sur le développement durable 2019 a identifié la refonte drastique des systèmes alimentaires comme un des six leviers d'atteinte des ODD. L’enjeu est de proposer aux populations des régimes alimentaires durables c’est-à-dire ayant un impact limité sur l’environnement mais aussi culturellement acceptables, abordables, adéquats sur le plan nutritionnel comme sur le plan de la sécurité sanitaire. Le défi est de taille et le rôle du conseiller sera de promouvoir une approche résolument interdisciplinaire de ces systèmes, qui prenne en compte les spécificités des territoires, des acteurs et de leur relation. »

Yves Martin-Prével est l’actuel Directeur du département Santé de l’IRD, qui assurera cette mission par intérim en l’attente d’une nomination. 

Benjamin Sultan, conseiller « Changement climatique »

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"Le réchauffement climatique menace l'atteinte des Objectifs de développement durable et il y a urgence à mieux cerner ses impacts et à trouver des solutions pour les réduire. Je m’attacherai à renforcer la place des recherches de l’IRD dans la co-construction de ces solutions au Sud avec les acteurs de la société civile.

Benjamin Sultan est directeur de recherche à l'IRD, directeur adjoint de l'UMR ESPACE-DEV. Sa recherche porte sur le réchauffement climatique, ses impacts et les possibilités d'adaptation dans les pays du Sud. Il a coordonné plusieurs projets interdisciplinaires avec des partenaires africains et asiatiques. Il est auteur contributeur du sixième rapport d'évaluation du GIEC (https://www.ipcc.ch/), membre du comité scientifique du PNUE - Programme mondial des sciences de l'adaptation et du comité scientifique français de la désertification.

Flore Gubert, conseillère « Migrations »

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« A l'IRD, les mouvements de population sont analysés au travers de leurs enjeux économiques, politiques, sociétaux, environnementaux. Pour appréhender les migrations dans toute leur complexité, lutter contre les préjugés, alimenter la décision publique, je m'attacherai à favoriser des dynamiques de recherche collective dans ce domaine, interdisciplinaire et ouverte aux contributions de la société civile"

Économiste, directrice de recherche à l’IRD, Flore Gubert est aussi chercheure associée à l’École d’Economie de Paris et Research Fellow à l’IZA Institute of Labor Economic et à l’Institut convergence Migrations. Flore Gubert a successivement occupé les fonctions de directrice adjointe du laboratoire Développement et Mondialisation puis directrice du Département Sociétés et mondialisation de l’IRD, poste qu’elle a occupé pendant 5 ans jusqu’au 1er septembre 2020. Flore Gubert est également coordinatrice scientifique du réseau d’experts européen sur la coopération internationale et le développement et membre de l’European Development Research Network (EUDN). Elle est vice-présidente de la Fondation Maison des sciences de l’homme depuis 2020.