Dans son rapport publié par l’UNCCD?United Nations Convention to Combat Desertification «Sécheresse, désertification et reverdissement au Sahel» Luc Descroix?Luc Descroix est hydrologue au sein du laboratoire PALOC (Patrimoines Locaux, Environnement et Globalisation) de l'IRD. Il a soutenu son doctorat en géographie à l'Université Lumière de Lyon (France), et est titulaire de son HDR (diplôme pour devenir chercheur principal en Europe) en hydrologie à Grenoble, France, Université Joseph Fourier. Ses recherches portent sur l'impact de l'utilisation des terres et des changements climatiques sur le cycle de l'eau, à travers l'évolution des ressources en eau (débits, eaux souterraines, étangs et lacs, zones humides et eau du sol), la capacité de rétention d'eau du sol et les coefficients de récession des rivières. Il s'intéresse aussi beaucoup au rôle des arbres sur le terrain, dans les villes, dans les sociétés et à leur impact sur les climats locaux et régionaux. démontre la résilience croissante de la région du Sahel à la sécheresse ouvrant ainsi la voie à un avenir durable.

Le rapport met en avant le reverdissement du Sahel, confirmé d’année en année depuis les années 1990, et qui s’étendrait à l’ensemble de la région Afrique de l’Ouest. Résultat de l’action des populations locales, ce reverdissement permet de lutter contre le réchauffement climatique.

La croissance démographique moteur du reverdissement

Les populations de la ceinture Sahélienne cultivent des arbres qui sont des climatiseurs naturels vitaux pour les zones rurales et urbaines. En plus de fournir de la nourriture à la population grandissante, ces arbres participent à fertiliser les terres du Sahel et ainsi à améliorer la résilience des agrosystèmes.

Plus globalement, la plupart des éléments terrestres changeants que les scientifiques observent au Sahel indiquent une tendance positive.

Si la tendance se poursuit, la région Afrique de l'Ouest et plus particulièrement la ceinture Sahélienne sera probablement plus résistante qu'elle ne l'était pendant la grande sécheresse d’Afrique de l’Ouest qui a duré de 1968 à 1993. En témoigne la hausse des rendements des cultures au Sahel entre 2000 et 2020 qui a plus que doublé et ce, sans augmentation significative de l'utilisation d'engrais.

Résilience face au réchauffement climatique

Cela pourrait aussi signifier que l'environnement et les communautés du Sahel seront plus en mesure que d'autres sur la planète de supporter le réchauffement climatique.

Des recherches récentes montrent que dans la majeure partie de la région Afrique de l'Ouest, la récupération des précipitations, le reverdissement et le flux progressif et long de récupération sont liés et devraient être considérés comme la preuve d'une tendance positive dans toute la zone. Mais ceci est encore à surveiller à moyen et à long terme avant de présumer qu'une phase de résilience mondiale est en train de démarrer.